mardi 20 septembre 2016

café clandestin

Ce midi, l’auditoire est occupé. On y confère à propos de la sécurité incendie. D’autres fois ce sont les Midis du Droit ou une séance d'information. Je prends quelques photos du public (y’a toujours une petite dame pour agiter un index impérieux). Je tire le portrait des conférenciers (y’a toujours une bouteille d’eau dans la ligne de vue, mais je m’arrange pour en tirer un splendide flou artistique). Puis je grimpe tout en haut des dégrés, pour fixer l’ensemble du tableau d’un point de vue majestueux - si le soleil donne ça touche au grandiose.

Mais mon plus grand plaisir reste le petit café clandestin que je débite discrètement du samovar.

Le couloir est silencieux. On entend les échos de la conférence. L’appareil photo en bandoulière j’attrape un gobelet aux motifs écossais. Je le place sous le robinet noir. Le samovar est plein : je suis le premier à me servir. Le café s’écoule, indiscutablement bouillant. Je porte aux lèvres. Je me brûle un peu.

Les petites images bien rangées dans le ventre numérique de mon appareil photo, je me régale, en tête à tête avec mon gobelet de café, tandis que le samovar roucoule faiblement.